Panhard 24 CT : la perle rare française des années 60

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Vous êtes tombé sous le charme d’une Panhard 24 CT croisée lors d’un rassemblement ou au détour d’un garage ? Je comprends. Cette silhouette élégante, ses détails techniques singuliers et son aura rétro marquent les esprits, même des années après la fin de sa production. Aujourd’hui, je vous embarque à bord de cette icône française, entre passion, pragmatisme et quelques anecdotes de mon atelier, pour explorer tout ce qu’il faut savoir avant de craquer – ou de remettre en route – une 24 CT.

Qu’est-ce qui rend la Panhard 24 CT unique ?

Difficile de parler de la Panhard 24 CT sans mentionner son style avant-gardiste et son caractère à part dans l’histoire automobile. Lancée en 1963, elle se démarque par une carrosserie monocoque, tout en finesse et en légèreté, qui colle encore aux standards modernes de rigidité. Les lignes sont fluides, tendues – et rappelons-le, dessinées en plein bouillonnement créatif des années 60. Rien d’étonnant à ce que tant de collectionneurs la considèrent comme une œuvre d’art roulante.

Design avant-garde et patrimoine français

Première chose qui saute aux yeux : ce look profilé, presque futuriste à sa sortie. Les feux ronds légèrement encastrés, le toit panoramique étiré et cette fameuse calandre horizontale, signature visuelle de la Panhard. À l’époque, le but était clair : rivaliser avec les coupés étrangers tout en gardant l’esprit français.

Mais chez Panhard, c’est aussi le partage des valeurs : réutilisation maximale des savoir-faire de la marque, dont le fameux moteur bicylindre à plat refroidi par air. Le bloc, petit mais costaud, symbolise parfaitement la philosophie “moins, c’est mieux”. Cette volonté de sortir du lot, on la sent dès qu’on s’installe derrière le grand volant à branches ajourées.

  • Carrosserie : Monocoque acier légère et aérodynamique
  • Position de conduite : Plutôt basse, très “coupé”
  • Finitions : Simples mais raffinées, avec détails chromés et sellerie Vinyle

Motorisation Panhard 24 CT : bicylindre, mais costaud

Sous ce long capot se trouve donc une mécanique bien connue des puristes : le bicylindre à plat refroidi par air de 848 cm³. Niveau chiffres, rien d’impressionnant aujourd’hui, mais ses 50 ch pour moins de 900 kg font merveille : nervosité, sonorité sèche et consommation plus que raisonnable (environ 6 L/100). Idéal, même en balade “au rythme”.

Soyons honnêtes : il faut aimer ce côté vivant, moteur qui demande à être mené dans les tours, boîte manuelle ferme mais précise… Mais c’est justement là tout le charme ! On est bien loin de l’expérience aseptisée d’une berline moderne.

  • Puissance : 50 ch DIN à 5 800 tr/min (pour la CT)
  • Boîte : 4 rapports manuelle à l’ancienne
  • Vmax : Officiellement 150 km/h, bien suffisant sur nos petites routes

Les défis : Entretenir et rouler en Panhard 24 CT aujourd’hui

Un plaisir mécanique pas toujours de tout repos

Je ne vous cache pas : restaurer ou entretenir une Panhard 24 CT, ce n’est pas tout à fait la même chose qu’une 2CV ou une R4. Le moteur, compact et ingénieux, demande un entretien régulier et pointu. Les pièces existantes sont parfois difficiles à trouver, surtout certaines références dédiées à la 24 CT.

Côté électricité et accessoires, attendez-vous à quelques suées : la fiabilité n’est plus celle d’hier, et la moindre oxydation d’un relais ou d’un commodo peut transformer un dimanche tranquille en puzzle grandeur nature. D’où l’importance des communautés – forums, clubs, pages Facebook – pour l’entraide et la chasse aux bonnes adresses.

Pièces détachées, coûts d’entretien et bonnes astuces

Oui, la rareté de la 24 CT se sent aussi sur le marché des pièces : certaines refab’ existent grâce à la passion des clubs, mais d’autres restent quasi introuvables. Vieilles habitudes : récupérer, restaurer, s’entraider, parfois même “bricoler proprement”.

Côté budget, prévoyez une marge pour le moteur (pièces mobiles, joints, soupapes), la boîte (synchroniseurs) et tout ce qui touche à l’étanchéité (la rouille, vieil ennemi des Françaises !). En carrosserie, si une aile ou une vitre vient à manquer, c’est chasse au trésor assurée.

Pièce / Entretien Prix moyen pièce (€) Difficulté à trouver Conseil Lucas
Joints moteur 80 – 120 Moyenne Surveillez les fuites pour éviter la casse.
Carrosserie (aile, porte) 150 – 500 Majeure Scrutez les bourses/annonces, privilégiez une réparation à l’ancienne.
Électricité (commodo, relais) 40 – 120 Moyenne Nettoyer systématiquement les masses !
Embrayage – boîte 150 – 300 Variable Contrôle régulier, attention au jeu du levier.
Selles / Intérieur 150 – 600 Faible Pensez à la sellerie sur-mesure si vous aimez l’originalité.
Comparatif du coût et disponibilité de plusieurs éléments-clés. À toujours demander l’avis d’un club ou d’un passionné avant de lancer un gros chantier !

Assurance, carte grise et fiscalité : le point sur les démarches

La Panhard 24 CT est considérée comme voiture de collection, donc pas de souci pour obtenir une carte grise collection. L’assurance, elle, reste abordable (comptez entre 80 et 200 €/an selon garanties et usage). Un contrôle technique spécifique “collection” suffit tous les 5 ans. L’accès aux ZFE (zones à faibles émissions) peut être limité dans certaines villes : renseignez-vous si vous roulez en agglomération.

Rouler au quotidien, est-ce possible ?

Quitte à casser un mythe : la 24 CT, ce n’est pas la voiture idéale pour les trajets quotidiens ou l’autoroute moderne. Sa boîte hésitante, son isolation sonore vintage et sa ventilation un peu rustique rappellent vite qu’elle a été conçue pour la balade du dimanche, pas pour les embouteillages parisiens. Mais pour des balades en campagne ou des sorties clubs, c’est un bonheur simple, authentique et sacrément vivant.

Valeur et marché de la Panhard 24 CT : investir ou collectionner ?

Cote actuelle et évolution

En 2024, la Panhard 24 CT tient une cote stable, surtout pour des exemplaires restaurés “dans les règles”. On trouve encore quelques modèles roulants entre 8 000 et 15 000 €, mais la rareté fait grimper les prix pour les voitures d’origine ou restaurées parfaitement. Les versions “CT” (coupé tourisme, 2+2 places) sont recherchées, notamment avec historique clair.

Où chercher une Panhard 24 CT  ?

Au fil des ans, j’ai vu passer des Panhard 24 CT sur LBC, chez des marchands spécialisés, ou tout simplement lors de bourses et expositions dédiées aux anciennes. Les pages Facebook/groupes d’amateurs Panhard sont des mines d’or niveau repérage et conseils, et permettent de dénicher quelques pépites hors marché traditionnel.

Petite astuce : fuyez les achats “coup de cœur” sans historique. Privilégiez une auto connue et entretenue, quitte à mettre un billet de plus au départ – vous vous y retrouverez largement sur la durée.

Bilan : pourquoi garder la Panhard 24 CT dans le viseur ?

Sortir une Panhard 24 CT d’un garage, la voir prendre la route et entendre ce souffle unique du bicylindre, c’est toute la magie de la collection qui s’exprime. Ce n’est pas un achat rationnel, mais une histoire d’émotions, de patrimoine, de rencontres. Oui, il faut un budget, du temps et un peu de patience, mais quelle récompense que de faire vivre ce témoin d’une époque pas tout à fait révolue !

Si l’aventure vous tente, rejoignez la communauté des passionnés, lancez-vous dans la restauration ou la simple balade. Racontez-nous vos anecdotes, partagez vos bons plans et, surtout, préservez l’âme de cette belle française. Vous n’en ressortirez jamais tout à fait le même.

FAQ – Tout savoir sur la Panhard 24 CT

Quelle est la principale spécificité technique de la Panhard 24 CT ?

Sa carrosserie monocoque, associée à un moteur bicylindre à plat de 50 ch, offre une combinaison rare : légèreté, rigidité et consommation réduite. De quoi s’offrir des sensations de conduite inattendues pour l’époque.

Est-il facile de trouver des pièces pour entretenir une 24 CT ?

Certaines pièces mécaniques ou d’usure (freins, joints) sont encore refabriquées, mais l’unique motorisation et les éléments spécifiques (carrosserie, intérieur) nécessitent patience, réseau et parfois bricolages ingénieux. Les clubs restent la meilleure source !

Combien coûte une Panhard 24 CT en bon état ?

Pour un exemplaire sain ou restauré, comptez entre 10 000 et 18 000 €. Les autos “à reprendre” peuvent se trouver vers 6 000 à 8 000 €, mais attention au budget travaux au final.

A-t-on le droit de rouler partout avec une 24 CT de collection ?

Elle bénéficie de la carte grise collection, mais les ZFE en centres urbains limitent parfois la circulation. Renseignez-vous bien selon votre ville ! À la campagne, pas de restriction.

La Panhard 24 CT est-elle une bonne première voiture de collection ?

Oui… si vous aimez relever les défis ! Mieux vaut de l’expérience ou des amis mécanos pour l’entretien. Sinon, privilégiez la passion et le réseau : la communauté Panhard est soudée et accueillante avec les nouveaux venus.

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