La Honda S800, c’est un peu la Madeleine de Proust des amateurs de belles mécaniques japonaises. Quand on croise l’un de ces cabriolets sur une petite route, on comprend d’un coup pourquoi elle fascine tant. Rareté et histoire entremêlées, cette auto est devenue l’une des valeurs sûres de la collection si on aime les sportives à taille humaine. Elle n’est pas juste une voiture ancienne : c’est un symbole d’audace industrielle et d’élégance en mouvement. On va voir ensemble ce qui a fait de la S800 un vrai trésor pour les passionnés.
Table des matières
- 1 Une naissance sous le signe de l’audace : la Honda S800 face à la concurrence européenne
- 2 L’ingénierie made in Japan : quand la technique sublime la passion
- 3 Un design qui traverse les âges
- 4 Pourquoi la Honda S800 est-elle devenue une pièce de collection spéciale ?
- 5 S800 en France : une histoire d’amour et de curiosité
- 6 Investir dans une S800 aujourd’hui : rêve ou valeur sûre ?
- 7 FAQ sur la Honda S800 et sa rareté
- 7.1 Quelles sont les caractéristiques techniques marquantes de la Honda S800 ?
- 7.2 Combien d’exemplaires de Honda S800 ont été produits au total ?
- 7.3 Qu’est-ce qui fait aujourd’hui la rareté spécifique de la S800 ?
- 7.4 Le design de la S800 se distingue-t-il vraiment des autres sportives anciennes ?
- 7.5 Quelle présence de la S800 sur le marché français de l’époque et aujourd’hui ?
Une naissance sous le signe de l’audace : la Honda S800 face à la concurrence européenne
Honda, avant la S800, c’était surtout des deux-roues. Mais dans les années 60, la marque rêve de titiller les constructeurs européens sur leur propre terrain : celui des petits roadsters légers, plein de charme, parfaits pour avaler les virages cheveux au vent. Pas simple dans un monde dominé par les anglaises et italiennes, mais la firme de Soichiro Honda ne fait rien comme tout le monde.
Dérivée des S500 et S600, la S800 signe l’aboutissement d’un savoir-faire technique précis. On sent, dans la conception de chaque pièce, la patte du motard ingénieux qui cherche à pousser la mécanique dans ses derniers retranchements sans jamais sacrifier l’élégance. C’est ainsi que naît, en 1966, une voiture qui débarque sur le marché français à bras ouverts… et qui va vite séduire les amateurs d’autos différentes.
Production limitée : un pari risqué devenu atout
Là où la plupart des constructeurs massifs n’osaient pas, Honda mise sur une exclusivité assumée : seulement 11 400 exemplaires sont assemblés entre 1966 et 1970. Rien que ça, et pourtant, ce n’est pas ce chiffre global qui bluffe le plus : près de 3 500 unités ont atterri directement sur les routes françaises ! Imaginez, près de 30 % de la production exportée chez nous, à une époque où la méfiance envers les japonaises était encore de mise.
Des modèles aussi rares, c’est l’assurance de véhicules choyés, entretenus, souvent remis à neuf avec passion. Cette faible diffusion va donner de la S800 ce parfum unique : celui d’un objet qui n’appartient qu’à une poignée de vrais mordus.
L’ingénierie made in Japan : quand la technique sublime la passion
Impossible de parler de la Honda S800 sans aborder la magie sous le capot. Honda, fort de son expertise moto, livre ici un petit chef-d’œuvre de moteur : 4 cylindres, 791 cm³, 78 chevaux. Au premier coup d’œil, ça ne paraît pas faramineux. Mais attendez d’entendre la bête rugir à près de 8 500 tours/minute… Là, on rentre dans une autre dimension.
Moteur et performances : la légèreté au service du plaisir
Avec son bloc rageur, la S800 offre des performances inattendues : 160 km/h en pointe, ça cause pour une mini-sportive du gabarit d’une citadine moderne ! Son comportement sur route rappelle les frasques d’une moto : nerveuse, précise, joueuse. On sent à chaque accélération, chaque rétrogradage, la filiation directe avec le monde du deux-roues. Sincèrement, c’est bluffant : la mécanique te pousse à jouer, à rouler presque… musicalement.
Une boîte bien étagée et un pont innovant
La boîte quatre vitesses, précise et au guidage franc, accentue encore ce plaisir. Les premiers modèles sont équipés d’un pont à arbres et chaînes, preuve de l’originalité technique signée Honda, avant que la marque n’adopte un pont rigide plus conventionnel. Mais cet esprit d’innovation reste, encore aujourd’hui, une signature de la S800.
Un design qui traverse les âges
L’autre atout inimitable de la Honda S800, c’est son design. Dès qu’on la découvre, on sent l’inspiration européenne : un brin d’Austin Healey Sprite par-ci, un clin d’œil à la MG Midget par-là. Pourtant, elle ne tombe jamais dans la copie. Ce subtil mélange de courbes japonaises et d’élégance européenne crée un style unique. On la reconnaît tout de suite !
À l’intérieur, la S800 soigne le détail
Un vrai tableau de bord « cockpit », avec ses cadrans circulaires, ses petits boutons chromés. On se croirait dans un avion miniature, chaque commande tombe sous la main. Pour les amateurs de vintage, c’est un vrai régal. La position de conduite, reculée et basse, accentue encore la sensation d’être en prise directe avec la route.
Cab version ou coupé : une question de personnalité
La S800 existe en deux variantes : le roadster ouvert, parfait pour sillonner nos petites routes, ou le coupé, plus rare encore et recherché aujourd’hui pour son côté chic et sportif. Deux philosophies pour un même esprit : la liberté de rouler différent.
| Version | Rareté | Cotations Moyennes 2024 (€) | Particularités |
|---|---|---|---|
| Honda S800 Roadster | Produite en majorité, + courante | 23 000 à 35 000 | Capote souple, style open-air, plus de pièces dispo |
| Honda S800 Coupé | Plus rare, recherchée | 27 000 à 40 000 | Ligne fastback, confort amélioré, collectionneurs exigeants |
On constate une hausse régulière des prix sur les modèles Coupé les mieux restaurés.
Pourquoi la Honda S800 est-elle devenue une pièce de collection spéciale ?
Un marché de la collection en pleine effervescence
Si la cote de la Honda S800 ne cesse d’augmenter, c’est parce qu’elle coche toutes les cases d’un bon investissement passion. Sa production limitée, le charme de sa mécanique à hauts régimes, son look soigné : tout concourt à la rendre irrésistible auprès des connaisseurs. Aujourd’hui, en France, trouver une S800 saine et complète devient presque une chasse au trésor. Il faut souvent aller voir loin, ou patienter pour dénicher la perle rare.
Des restaurations parfois complexes, mais gratifiantes
Soyons honnêtes, retaper une S800, ce n’est pas de la tarte. Les pièces spécifiques, surtout côté transmission ou carrosserie, demandent patience et réseau. Mais la communauté de passionnés, en France et au Japon, est précieuse : clubs, sites spécialisés et même quelques rares pros de la pièce adaptable permettent de relever le défi. Et puis, voir une S800 reprendre la route après des mois d’atelier, c’est juste un bonheur fou.
L’impact des normes antipollution et la sélection naturelle
Le virage des années 70, avec les premières normes antipollution, a signé l’arrêt de mort de l’importation de la S800. Beaucoup d’exemplaires ont fini oubliés, délaissés ou transformés. Ceux qui restent aujourd’hui sont souvent passés entre les mains d’amateurs respectueux, qui ont su préserver l’âme de la voiture d’origine. La rareté n’est donc pas qu’une affaire de chiffres, mais de préservation d’un patrimoine roulant.
S800 en France : une histoire d’amour et de curiosité
Ce qui surprend, c’est la place prise par la S800 dans notre paysage automobile. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de 3 500 exemplaires vendus en France en à peine 4 ans. Pour un roadster japonais, c’est tout bonnement exceptionnel. Les premiers propriétaires étaient souvent jeunes, ou désireux de sortir des sentiers battus face aux Triumph et MG qui trustaient nos routes.
Aujourd’hui, 50 ans plus tard, les clubs et rassemblements continuent d’accueillir des dizaines de S800, bichonnées, customisées parfois, mais toujours conduites avec ce petit supplément d’âme. Ceux qui en possèdent une n’hésitent jamais à partager anecdotes et conseils. Comme souvent dans ce monde des anciennes, la solidarité fait aussi la force de ce « patrimoine roulant ».
Pièces, entretien, communauté : réussir une restauration de S800
Pour les bricoleurs aguerris, restaurer une Honda S800 est une aventure à part. Il y a les joies, comme retrouver un compteur Jaeger d’époque chez un collectionneur, et les galères, comme tomber sur un radiateur introuvable ou une boîte à refabriquer. Mais la passion fait souvent fi de la difficulté. Les clubs, forums et réseaux sociaux regorgent d’entraide, de tutos, de « bons plans » pour dénicher la fameuse rotule ou le caoutchouc parfait. On sent bien ce vieux fond d’esprit « atelier d’artisan » qui parle à tous ceux qui aiment les outils, la patience et les blouses maculées.
Investir dans une S800 aujourd’hui : rêve ou valeur sûre ?
Les chiffres des ventes récentes sont clairs : la cote ne baisse pas, bien au contraire. Tant que le nombre d’exemplaires roulants reste bas, la S800 verra sa valeur grandir. Mais au fond, la vraie richesse de cette voiture n’est pas dans son prix, c’est dans le plaisir pur de son volant fin, de la sonorité métallique de son moteur qui s’emballe, et dans la main tendue d’un inconnu lors d’un « cars & coffee » : « c’est bien une S800 ? Racontez-moi son histoire… »
Vous l’aurez compris, la Honda S800, c’est un roi discret du patrimoine roulant, à la fois accessible (avec de la ténacité) et unique. Si vous rêvez d’une voiture qui sort de l’ordinaire, elle vous tend les bras.
Une S800, ce n’est pas qu’un objet de collection, c’est un morceau d’aventure. Vous l’avez croisée, restaurée, conduite ? Venez partager vos anecdotes ou poser vos questions dans les commentaires. Chez Cherdeuches19.fr, les histoires d’atelier, c’est ce qu’on préfère ! À vos clés… ou à vos souvenirs !
FAQ sur la Honda S800 et sa rareté
Quelles sont les caractéristiques techniques marquantes de la Honda S800 ?
La S800 embarque un moteur 4 cylindres de 791 cm³ développant 78 chevaux à 8 500 tr/min, boîtes 4 rapports, propulsion, et peut atteindre 160 km/h.
Elle propose un comportement joueur et une légèreté qui rappelle les sportives anglaises tout en gardant l’efficacité à la japonaise.
Combien d’exemplaires de Honda S800 ont été produits au total ?
Au total, environ 11 400 exemplaires sont sortis des chaînes de montage Honda entre 1966 et 1970, tous modèles confondus (roadster et coupé).
Qu’est-ce qui fait aujourd’hui la rareté spécifique de la S800 ?
C’est la combinaison entre sa faible production, l’arrêt prématuré de son importation, et la difficulté d’entretien/reconstruction de certains éléments qui expliquent qu’on en croise si peu en état d’origine aujourd’hui.
Le design de la S800 se distingue-t-il vraiment des autres sportives anciennes ?
Oui, son mélange de lignes épurées façon européenne et d’innovation à la japonaise, conjugué à son tableau de bord « cockpit », lui donne une signature unique, parfois imitée mais rarement égalée.
Quelle présence de la S800 sur le marché français de l’époque et aujourd’hui ?
Près de 3 500 S800 ont été officiellement vendues neuves en France – un chiffre exceptionnel pour une japonaise à l’époque. Aujourd’hui, seules quelques centaines roulent encore, mais la communauté française reste très active et solidaire !
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