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Talbot Tagora : la vraie puissance de la SX ?

un mecanicien inspecte le moteur v6 d une berline talbot tagora dans un garage
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165 ch, c’est la puissance de la Talbot Tagora SX de série. La nuance tient à une petite série de fin de carrière, évoquée à 200 ch avec une préparation Danielson, qui ne correspond pas à la SX normale du catalogue.

Quelle est la vraie puissance de la Talbot Tagora SX ?

La Talbot Tagora SX de série reçoit un V6 PRV alimenté par deux carburateurs triple-corps, donné pour 165 ch à 6 000 tr/min et 23,4 m.daN à 4 200 tr/min. Si vous cherchez la réponse utile pour une fiche technique, une annonce ou une discussion entre passionnés, c’est ce chiffre-là qu’il faut retenir.

La confusion vient d’une poignée d’exemplaires de fin de production signalés avec un V6 Danielson annoncé à 200 ch. Ces autos restent des cas particuliers. La vraie puissance de la SX vendue en série, celle qui sert de référence, reste donc à 165 ch.

Avec cette mécanique, la grande Talbot atteint 195 km/h. À son époque, la SX passe pour la berline française de série la plus puissante et la plus rapide, ce qui explique pourquoi son badge intrigue encore aujourd’hui : sous la ligne un peu sage, il y a bien un haut de gamme musclé, pas une simple routière endimanchée.

Combien d’exemplaires de la Tagora SX ont été fabriqués ?

La Talbot Tagora a été produite à exactement 20 133 exemplaires entre 1980 et 1983, toutes versions confondues. Dans ce total, la version SX ne représente que 1 083 exemplaires entre 1981 et 1983, ce qui la place d’emblée dans la case des françaises rares, même sans parler d’une série spéciale.

Cette rareté explique un point simple : quand on parle d’une Tagora SX, on parle d’une vraie niche dans la niche. Et si l’on ajoute les exemplaires de fin de production annoncés à 200 ch, on bascule dans l’ultra-confidentiel, avec un volume présenté comme une dizaine d’autos seulement sur une page de vente consacrée au modèle.

La carrière commerciale s’arrête en juillet 1983. Les stocks restants sont alors écoulés en Espagne, signe que la berline n’a jamais trouvé le volume espéré malgré un positionnement ambitieux.

Moteur V6 PRV sous le capot d'une Talbot Tagora SX en cours d'entretien.

Quelles sont les caractéristiques mécaniques de la berline ?

La Talbot Tagora se lit beaucoup mieux avec sa gamme complète sous les yeux qu’avec trois paragraphes qui tournent autour du pot. La source la plus pratique pour comparer les versions reste le tableau technique ci-dessous.

Source : Wikipédia.

Version Motorisation Cylindrée Puissance max Vitesse max
GL / GLS 4 cylindres essence 2 155 cm³ 115 ch 171 km/h
DT 4 cylindres Turbodiesel 2 304 cm³ 80 ch 154 km/h
SX 6 cylindres en V PRV 2 664 cm³ 165 ch 195 km/h

La lecture de la gamme montre bien où se place la SX : tout en haut, avec un vrai saut de performances par rapport aux GL, GLS et DT. Pour un amateur de collection, c’est aussi utile pour éviter les annonces floues où une simple Tagora bien équipée essaie de se faire passer pour la version noble. Sur ce point, le badge ne suffit pas, la fiche moteur doit suivre.

Côté architecture, la voiture pioche dans la banque d’organes Peugeot. La suspension avant adopte des jambes de force MacPherson issues des 505 et 604, et le train arrière de la V6 vient de la 604. Pour la recherche de pièces de liaison au sol, cette parenté change la donne : on n’est pas face à une mécanique entièrement orpheline, même si la SX garde ses spécificités de haut de gamme.

La SX se distingue aussi par son équipement. Talbot est la première marque française à proposer en série un ordinateur de bord sur cette version, un détail très début années 1980, mais qui rappelle que la voiture voulait jouer plus haut que son image de marque. Une grande berline qui affiche des chiffres au tableau de bord, c’était presque le costume trois-pièces avec baskets neuves.

Pourquoi la carrière de la Talbot Tagora s’est-elle arrêtée si tôt ?

Le projet C9 démarre en 1976 chez SIMCA, alors filiale de Chrysler Europe, avec l’idée d’aller chercher les berlines allemandes sur leur terrain. Le problème, c’est que le décor industriel bouge avant même l’arrivée du modèle en concession.

En août 1978, Peugeot rachète les filiales européennes de Chrysler et rebaptise l’ensemble Talbot. La Tagora est ensuite présentée au salon de Paris d’octobre 1980, puis commercialisée à partir de février 1981. Dit autrement, la voiture naît en plein changement de pavillon, avec une identité de marque qui n’a pas encore eu le temps de se poser.

La fin arrive vite : arrêt de commercialisation en juillet 1983, faible diffusion, puis liquidation des derniers stocks. La mécanique pouvait séduire, surtout en SX, mais l’histoire industrielle du modèle lui coupe l’herbe sous les roues avant même qu’il puisse s’installer durablement.

Talbot Tagora SX berline marron stationnée lors d'un rassemblement de voitures anciennes.

Ce qui fait se tromper sur une Tagora SX

  • Prendre la mention 200 ch comme la fiche normale de la SX produit une erreur immédiate sur la valeur historique de l’auto. On finit par décrire comme standard une préparation de fin de carrière. La correction est simple : pour une SX de série, la référence reste 165 ch, et toute mention supérieure demande une identification précise.
  • Juger la voiture sans regarder la gamme complète fausse la lecture du modèle. Une GL, une DT et une SX n’ont ni le même moteur ni le même niveau de performances, donc pas la même place en collection. Il faut partir de la motorisation réelle et la comparer à la grille des versions avant de parler rareté ou intérêt.
  • Chercher toutes les pièces comme si la Tagora était un modèle totalement isolé rallonge la recherche pour rien. Le symptôme concret, c’est de passer à côté d’éléments de châssis qui ont une parenté connue avec des Peugeot 505 et 604. La bonne approche consiste à séparer les organes partagés des éléments propres à la SX.
  • Réduire la SX à son style un peu discret fait manquer son vrai positionnement. On la prend pour une grande berline paisible alors que sa vitesse de pointe et son V6 la placent tout en haut de la production française de série de son moment. Il faut la lire comme une routière rapide à vocation statutaire, pas comme une Talbot simplement plus grande.

La question suivante, c’est souvent celle des pièces encore trouvables. Pour le châssis, la parenté avec des organes Peugeot aide clairement la recherche, alors que les éléments propres à la SX, comme sa définition V6 et certains équipements spécifiques, demandent d’être beaucoup plus patient.

FAQ

La Talbot Tagora SX est-elle vraiment rare ?

Oui. Avec 1 083 exemplaires produits, la SX représente une petite part de la production totale de la Tagora, ce qui suffit à en faire une version peu courante sur le marché de la collection.

La version de 200 ch était-elle vendue comme une série normale ?

Non. Le chiffre de 200 ch renvoie à une petite série de fin de production équipée d’un V6 Danielson, présentée comme une dizaine d’exemplaires, et non à la Talbot Tagora SX de série qui reste à 165 ch.

La Tagora SX était-elle la berline française la plus rapide de son époque ?

Oui, pour la série. Avec une vitesse maximale de 195 km/h, la SX est donnée comme la berline française de série la plus puissante et la plus rapide de son moment.

Quelles versions composaient la gamme Tagora ?

La gamme se répartit entre les GL et GLS à 4 cylindres essence, la DT turbodiesel, puis la SX à moteur V6 PRV. C’est une hiérarchie simple, avec la SX tout en haut pour les performances.

Pourquoi l’ordinateur de bord de la SX compte-t-il autant ?

Parce qu’il marque une première française pour une voiture de série de la marque. Sur une auto au destin commercial court, c’est un détail qui rappelle l’ambition technologique du projet.

À propos de l’auteur

La 2CV et les voitures anciennes sont au cœur de ses articles sur Cherdeuches19. Il s’intéresse à l’histoire des modèles, à leur entretien et à leur restauration, avec une attention particulière à la préservation du patrimoine automobile. Ses sujets couvrent les pièces, les particularités mécaniques et les points à examiner avant un achat ou une remise en état.